Puella romana…

C’est le soir. La nuit même. Assise sur la dernière marche de l’esplanade de la fontaine, dos à l’obélisque qui, il y a 2000 ans, mettait les hommes en communication avec le dieu soleil, là-bas, dans la chaude vallée du Nil. Face aux imposantes colonnes du pronaos du Panthéon que le grand Hadrien, après Agrippa, remit debout, il y a 1850 ans. Agrippa et Hadrien ont bien fait leur travail. Le pape Clément XI aussi et sa fontaine et la fine croix tout en haut de l’obélisque pour un autre soleil d’ombre crucifié.

La jeune fille s’est assise sans rien dire, près de moi, face à ce décor plein de mythologie, de religion et de l’ailleurs que se créent les touristes, et où, ce soir, cette nuit, vont et viennent les ombres des humains. Comme moi.

Mais peu importent pour ma voisine ces allées et venues. Elle ne le sait pas mais si elle s’est placée là c’est que l’empereur l’a appelée. Il voulait voir cette jambe. Rien qu’elle. Et je me dis qu’il lui a acheté les sandales au forum de Trajan, la semaine dernière, pour un demi-sesterce. Le rouge sombre aux ongles aussi.

Peu importe le temps, en ce soir de printemps, en cette nuit romaine, en cette place impériale.

La main sur la jambe

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